La BRI accélère sur la tokenisation des paiements: quelles implications pour les banques centrales ?

La BRI accélère sur la tokenisation des paiements: quelles implications pour les banques centrales ?

Les banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine et la Banque de France, vont travailler ensemble pour évaluer les paiements transfrontaliers en monnaies numériques. Cette initiative vise à offrir une solution mondiale pour réguler les transactions financières entre particuliers et grandes entreprises. La mise en place de ce projet pilote démontre l’intérêt croissant des banques centrales pour les monnaies numériques et leur volonté d’explorer des alternatives aux cryptomonnaies existantes.

La tokenisation, qui consiste à représenter de l’argent ou des actifs financiers sous forme de jeton numérique inscrit sur un grand registre en ligne, est au cœur de cette démarche. La Banque des règlements internationaux (BRI) joue un rôle clé dans cette initiative et cherche à faire progresser son stade d’avancement dans ce domaine. L’implication de la Fed, dont le pays connaît les plus grands gains sur les crypto-actifs, pourrait donner un nouvel élan à ce projet.

Ce partenariat international entre différentes banques centrales souligne l’évolution rapide du marché financier vers ces nouvelles formes de transactions. Il s’agit donc d’une avancée significative qui permettrait de mieux encadrer les paiements transfrontaliers tout en offrant une alternative aux cryptomonnaies déjà présentes sur le marché.

Une plateforme mixte pour le secteur public et privé

La BRI a lancé le “projet Agora” pour étudier la manière dont les dépôts numérisés des banques commerciales peuvent être intégrés aux monnaies des banques centrales sur une plateforme financière public-privé. L’objectif est d’utiliser la tokenisation pour faciliter et accélérer les transactions, réduire leurs coûts tout en maintenant leur intégrité. Cecilia Skingsley, directrice du pôle d’innovation de la BRI, a souligné que la tokenisation représente l’avenir de la monnaie et des paiements. Il s’agit de convertir de l’argent ou des actifs financiers en jetons numériques et de les inscrire sur une plateforme comme une chaîne de blocs.

Accélérer sur les devises nationales

La Banque des Règlements Internationaux (BRI) mène des tests avec le projet Agora, impliquant la Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon, la Banque de Corée et la Banque du Mexique. Le but est d’explorer les monnaies numériques de banque centrale pour les paiements transfrontières. Ces essais concernent sept grandes devises internationales dont le dollar, l’euro, le yen et le franc suisse. La Chine utilise déjà une monnaie numérique de banque centrale (MNBC), tout comme la Russie qui mène également des expérimentations en ce sens. En Europe, un projet d’euro numérique est également en cours avec la participation de 24 banques centrales prévues à l’horizon 2030 pour avoir lancé leur version numérique de leur monnaie.

Combattre le blanchiment d’argent

Les paiements transfrontaliers sont compliqués à cause des vérifications anti-blanchiment d’argent et de l’identification des clients. Ces contrôles sont répétés plusieurs fois pour une même opération en fonction du nombre d’intermédiaires impliqués. Les différences règlementaires et techniques entre les pays ainsi que les fuseaux horaires compliquent également ces transactions. En conséquence, les banques considèrent ces opérations comme un domaine à haut risque et faible rentabilité.

Selon Hyun Song Shin, conseiller économique de la BRI, les transactions transfrontalières posent aujourd’hui des défis importants pour les banques en raison de nombreuses contraintes. Cela engendre une activité jugée à haut risque et peu lucrative.

La BRI accélère sur la tokenisation des paiements: quelles implications pour les banques centrales ?

Journaliste spécialisée en énergie et industrie, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions des marchés énergétiques et les innovations industrielles. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à la transition énergétique et aux politiques industrielles.