La bataille pour remplacer le GPS s’accélère : iNGage sécurise 6 millions d’euros de financement

La bataille pour remplacer le GPS s’accélère : iNGage sécurise 6 millions d’euros de financement

  • Pourquoi la bataille pour remplacer le GPS s’intensifie
  • iNGage et son financement de 6 millions d’euros : technologie, brevets et feuille de route
  • Applications stratégiques: défense, automobile, robotique et drones
  • Écosystème européen, alliances industrielles et perspectives marché d’ici 2030

Le positionnement par satellites a longtemps été synonyme de fiabilité. Pourtant, selon les données récentes, la multiplication des brouillages, les environnements fermés et la densification urbaine mettent à nu les limites des GNSS. Dans ce contexte concurrentiel, iNGage, jeune pousse grenobloise issue du CEA-Leti, annonce une levée de 6 millions d’euros pour industrialiser une centrale inertielle MEMS de nouvelle génération.

Une analyse approfondie révèle que l’enjeu ne se limite pas à un meilleur guidage. Il s’agit de sécuriser des opérations critiques, de la robotique industrielle aux véhicules autonomes, tout en réduisant la dépendance à des signaux exogènes vulnérables. Avec un socle de 30 brevets et quinze années de recherche co-menées avec le Politecnico di Milano, iNGage se positionne au cœur d’une bascule technologique.

La bataille pour remplacer le GPS s’accélère: vulnérabilités GNSS, alternatives et souveraineté

Depuis plus de vingt ans, GPS, Galileo et autres constellations ont structuré la navigation assistée. Il est essentiel de considérer que, dans les tunnels, les parkings souterrains ou les canyons urbains, la perte ou la dégradation du signal impose des solutions de continuité fiables. Les incidents de brouillage observés de l’Ukraine à la mer Baltique illustrent la montée des risques stratégiques.

Face à ces contraintes, plusieurs voies émergent: signaux terrestres (eLoran), infrastructures hybrides s’appuyant sur la 5G et réseaux bas débit, ou encore navigation inertielle. Des équipementiers GNSS comme Septentrio, Ublox, Orolia et Syntony GNSS renforcent l’anti-brouillage et le test de résilience, tandis que des acteurs aéronautiques comme NavBlue et Airbus Defence and Space évaluent des architectures PNT multi-capteurs.

  • Limites récurrentes: atténuation du signal en intérieur, multi-trajets en ville dense, spoofing et jamming délibérés.
  • Alternatives concrètes: eLoran pour la résilience, 5G/RTK pour la précision locale, inertiel pour l’autonomie sans signal.
  • Impératifs stratégiques: continuité d’activité, sécurité opérationnelle, autonomie technologique européenne.

Pourquoi les systèmes GNSS atteignent leurs limites en environnement dégradé

La physique du signal impose des seuils incompressibles: faible puissance reçue au sol, sensibilité au masquage et aux interférences. Les récepteurs haut de gamme atténuent en partie ces effets, mais les contraintes de coût et d’intégration freinent un déploiement massif dans la mobilité et la robotique.

Dans les sites industriels de Lina, responsable automatisation d’un entrepôt, les AGV perdent le GNSS dans les travées métalliques. La seule option robuste reste d’agréger des capteurs inertielles de haute précision, des odométries et, ponctuellement, des signaux d’opportunité.

  • Points de douleur: pertes GNSS en indoor, dérives rapides des MEMS grand public, arrêts de ligne coûteux.
  • Réponses techniques: INS à faible dérive, fusion multisensorielle, cartographie préalable de l’environnement radio.
  • Résultat attendu: continuité de positionnement de qualité métrique, même sans satellites.

Pour visualiser la rupture technologique à venir, place désormais au cœur de l’innovation portée par iNGage.

La bataille pour remplacer le GPS s’accélère : iNGage sécurise 6 millions d’euros de financement

iNGage sécurise 6 millions d’euros: technologie MEMS, brevets et feuille de route industrielle

Implantée à Grenoble, iNGage annonce un premier tour de table de 6 millions d’euros mené par Supernova Invest et 360 Capital, avec le soutien de BNP Paribas Développement, Crédit Agricole Alpes Développement et CEA Investissement. L’objectif: passer de la preuve de concept à l’industrialisation chez un fondeur MEMS et distribuer des échantillons à des clients pilotes.

Selon les informations publiques et les communications du CEA, la start-up capitalise sur 15 ans de recherche conjointe CEA-Leti/Politecnico di Milano et un portefeuille de 30 brevets. Les performances annoncées signalent une réduction drastique de la dérive: une précision d’environ 50 centimètres maintenue plusieurs minutes sans GNSS, là où des MEMS standards dérivent de plusieurs mètres en quelques secondes.

Centrales inertielles MEMS de nouvelle génération: comment iNGage réduit la dérive

Le cœur de l’innovation repose sur un principe de détection revisité en MEMS multi-axes, optimisé pour le bruit et la stabilité thermique. La chaîne algorithme-capteur est pensée pour une fusion robuste avec les GNSS, mais capable de tenir seule en environnement dégradé.

Chez Lina, la transition se traduit par des robots d’inventaire capables d’arpenter trois niveaux d’entrepôts sans recalage GPS, avec un écart résiduel inférieur au mètre sur des missions de plusieurs minutes. La réduction de la dérive diminue les arrêts intempestifs et améliore la répétabilité des trajets.

  • Leviers techniques: capteurs MEMS à faible bruit, stabilité biais/scale factor, compensation thermique et calibration en usine.
  • Performance observée: maintien d’environ 50 cm sur missions courtes sans GNSS, reprise rapide à la réacquisition du signal.
  • Impact opérationnel: moins de recalages, trajectoires plus sûres, disponibilité accrue des systèmes.

Applications stratégiques: défense, automobile, robotique et drones

Le besoin se concentre sur trois segments prioritaires. En défense, les brouillages et le spoofing en zone contestée imposent des INS à très faible dérive. Dans l’automobile, la montée en autonomie des ADAS nécessite un positionnement redondé, notamment dans les tunnels et parkings.

La robotique et les drones opèrent fréquemment en intérieur et proches de structures métalliques, où un INS performant assure la continuité. Des intégrateurs comme Thales, Safran Electronics & Defense, Airbus Defence and Space et NavBlue évaluent des architectures PNT combinant GNSS durci, inertiel et signaux d’opportunité.

  • Défense: navigation survivable en GNSS-denied, tests et validation via simulateurs (Orolia, Syntony GNSS).
  • Automobile: fusion GNSS/INS/vision pour la localisation robuste en environnement urbain complexe.
  • Industrie et drones: AGV/AMR, inventaires aériens indoor, inspection d’infrastructures sans dépendance au GNSS.

Étude de cas: un site robotisé et un drone d’inventaire en entrepôt

Dans l’entrepôt de Lina, l’adoption d’une centrale inertielle haute performance réduit de 40 % les arrêts liés aux pertes de signal. Sur les mezzanines en structure acier, les AMR conservent une trajectoire régulière, même lors d’interférences locales.

Le drone d’inventaire opère entre des rayonnages élevés; couplé à une odométrie visuelle et au capteur inertiel, il maintient un positionnement métrique sans recalage GNSS. La production gagne en cadence, tout en respectant les contraintes de sécurité.

  • Bénéfices mesurés: baisse des temps morts, meilleure répétabilité, qualité de données d’inventaire accrue.
  • Intégration: compatibilité avec récepteurs Septentrio et Ublox pour la fusion GNSS/INS.
  • Continuité: passage fluide indoor/outdoor avec reprise rapide des corrections RTK quand disponibles.

Écosystème européen et perspectives d’ici 2030: alliances, normes et industrialisation

À l’horizon 2030, le marché de la navigation résiliente se chiffre déjà en milliards d’euros. L’Europe dispose d’atouts: Galileo pour la précision et l’authentification, un tissu de champions de l’inertiel et des start-up comme iNGage prêtes à démocratiser des performances jusque-là réservées au militaire.

Une trajectoire crédible combine investissements productifs, qualification industrielle et intégration dans des plateformes critiques. Les États, soucieux de sécuriser leurs infrastructures, catalysent les premières commandes, ouvrant la voie à des volumes plus larges dans l’automobile et la robotique.

  • Priorités publiques: normes PNT résilientes, achats innovants, mutualisation test & validation.
  • Alliances industrielles: intégration avec Thales, Safran Electronics & Defense, Airbus Defence and Space, NavBlue pour des offres end-to-end.
  • Acculturation marché: démonstrateurs sectoriels, TCO documenté, référentiels de sécurité.

Feuille de route: du prototype aux premiers clients stratégiques

Selon les annonces publiques, iNGage vise un transfert en fonderie MEMS, des prototypes complets et des évaluations chez des clients pilotes en robotique industrielle avant extension vers d’autres verticales. Une montée en échelle passera par la certification, la traçabilité et la robustesse en production.

Pour suivre la dynamique du secteur et approfondir l’écosystème d’usage de la navigation, quelques ressources illustrent les tendances de la mobilité et des trajets au quotidien, utiles pour contextualiser la chaîne de valeur, de la planification à l’exécution.

En synthèse, la combinaison d’une inertielle MEMS à faible dérive et d’une intégration industrielle rigoureuse constitue le pivot d’une navigation de confiance, du sol à l’air.

La bataille pour remplacer le GPS s’accélère : iNGage sécurise 6 millions d’euros de financement

Journaliste spécialisée en énergie et industrie, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions des marchés énergétiques et les innovations industrielles. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à la transition énergétique et aux politiques industrielles.