Le rapport Langreney sur l’assurabilité du risque climatique propose des mesures chocs pour faire face à l’explosion des sinistres climatiques. Il suggère une contribution à la prévention modulée en fonction des zones à risque et une hausse des franchises pour les résidences secondaires. L’objectif est de responsabiliser les assureurs et les assurés afin de mieux gérer les effets du changement climatique, qui se font de plus en plus ressentir chaque année depuis 2016.
Ce rapport intervient dans un contexte où aucune région de France n’est vraiment épargnée par les catastrophes naturelles, comme on a pu le constater récemment avec les inondations du Pas-de-Calais. Alors que la priorité était autrefois de réduire le risque climatique en décarbonant l’économie, il est désormais essentiel de s’adapter au changement climatique qui est déjà une réalité.
Publié après avoir été commandé par le ministre de l’Économie, ce rapport soulève des questions cruciales liées à la résilience et aux investissements nécessaires dans ce nouveau contexte. Il formule 11 objectifs et 37 recommandations, marquant ainsi le début d’une consultation en vue d’évolutions législatives ou réglementaires pour s’adapter au changement climatique.
Lutter contre les zones sans assurance
Le gouvernement a pris des mesures pour anticiper les conclusions d’un rapport sur l’augmentation de la prime d’assurance habitation en cas de catastrophe naturelle. Cette hausse, qui passera de 12 % à 20 % à partir de janvier 2025, vise à renforcer le financement du régime Cat Nat pour atteindre environ trois milliards d’euros par an. Le rapport suggère également un ajustement régulier de cette prime pour tenir compte des effets du changement climatique.
En plus de cela, la modernisation du régime Cat Nat cherche à prévenir le risque potentiel lié à la création de « déserts assurantiels » dans les zones à risque. Selon certains experts, l’utilisation croissante d’outils d’intelligence géographique par les assureurs pourrait entraîner des comportements visant à éviter les zones les plus exposées. Cependant, d’autres estiment que ce risque est exagéré et que la concurrence entre les assureurs ainsi que la mise en place de mécanismes de prévention limiteront fortement le phénomène des déserts assurantiels.
Nicolas Gomart, directeur général de la mutuelle Matmut, souligne qu’il existe certes des zones non assurables en raison du risque élevé comme les zones de submersion marine, mais il estime que ces cas restent limités. Il affirme également que lorsque des mécanismes préventifs sont mis en place, le risque de voir émerger des déserts assurantiels demeure très faible voire très lointain.
Responsabiliser tous les intervenants
Le rapport propose plusieurs initiatives pour renforcer la prévention des catastrophes naturelles, notamment en modulant l’affectation de la surprime entre l’assurance et la prévention selon les zones. L’idée est d’accorder plus de ressources à la prévention dans les zones moins risquées comme les zones urbaines, et plus d’assurance dans les zones plus exposées pour inciter les assureurs à maintenir leur offre.
Une augmentation mécanique des ressources dédiées à la prévention pourrait également alimenter un nouveau fonds dédié à la prévention individuelle aux côtés du fonds Barnier. Cependant, certaines idées concernant la distinction entre résidence principale et résidence secondaire pourraient rencontrer des oppositions, car il n’est pas toujours simple de faire cette distinction. Malgré cela, le rapport vise à responsabiliser tout le monde : assureurs, collectivités locales et assurés eux-mêmes.
Il est clair que simplement augmenter les primes et les surprimes ne suffira pas à absorber le coût croissant des catastrophes naturelles. Il s’agit aussi de convaincre les assurés qu’ils ont leur part à prendre. Les historiques montrent que la prévention fait chuter l’intensité des sinistres climatiques.
En résumé, le rapport met l’accent sur :
– La modulation de l’affectation de la surprime entre assurance et prévention selon les zones
– L’augmentation mécanique des ressources dédiées à la prévention
– La possibilité d’un nouveau fonds dédié à la prévention individuelle
– La nécessité de responsabiliser assureurs, collectivités locales et assurés eux-mêmes.
Journaliste spécialisée en énergie et industrie, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions des marchés énergétiques et les innovations industrielles. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à la transition énergétique et aux politiques industrielles.
