Sauver le gaz dans un monde sans énergies fossiles: La bataille de GRDF pour la transition énergétique

Sauver le gaz dans un monde sans énergies fossiles: La bataille de GRDF pour la transition énergétique

Pour GRDF, le gaz joue un rôle crucial dans la transition énergétique de la France. Leur objectif est d’injecter 20% de « gaz verts » dans le réseau d’ici 2030, contre seulement 2% actuellement. Ils veulent rendre le gaz « bas carbone » et compatible avec les objectifs de l’accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique. L’entreprise mise sur des solutions alternatives au gaz naturel pour réduire son empreinte carbone tout en restant compétitive face à l’électricité.

Le plan ambitieux vise à décarboner la molécule du gaz d’ici à 2030, avec une augmentation significative des « gaz verts » dans les réseaux. La directrice générale prévoit une incorporation cinq fois plus importante de molécules renouvelables dans les tuyaux d’ici la fin de la décennie.

Cependant, cette décarbonation prendra plus de temps que prévu selon Catherine MacGregor, la patronne d’Engie.

La décomposition des matières organiques

Le biométhane, également appelé « gaz vert », est produit principalement à partir de la fermentation de matières organiques telles que le fumier, les résidus de culture, les boues urbaines ou les restes alimentaires. Contrairement au gaz naturel issu de l’exploitation d’hydrocarbures, le biométhane émet beaucoup moins de CO2 tout au long de son cycle de vie : seulement 44 grammes par kilowattheure contre 227 pour le gaz naturel. Il peut être utilisé dans les mêmes domaines que le gaz fossile et ne nécessite pas d’adaptation des équipements existants. En étant produite localement, renouvelable et peu émettrice de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie, cette source d’énergie répondrait aux exigences actuelles en matière de souveraineté énergétique tout en limitant les rejets nocifs pour l’environnement. Engie mise sur le biométhane comme une solution efficace pour préserver l’utilisation des chaudières à gaz.

Un décret très attendu

Les progrès dans la production de biométhane sont déjà évidents avec une production dépassant largement les attentes. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoyait 6 TWh en 2023, mais nous avons déjà atteint 12 TWh à la fin de l’année dernière. Cela représente le double de ce qui était prévu, montrant ainsi des avancées significatives dans cette direction.

Actuellement, le gaz renouvelable reste encore marginal par rapport au gaz fossile. Les objectifs fixés ont été revus à la baisse ces dernières années, ce qui a été perçu comme un signal négatif par certains acteurs du secteur. Malgré cela, il est prévu que le mouvement s’accélère rapidement pour atteindre des objectifs plus ambitieux d’ici 2030.

Le gouvernement a voté une loi obligeant les fournisseurs de gaz naturel à produire ou financer un certain volume de biométhane. Cela devrait stimuler le financement privé dans ce domaine et compléter les soutiens publics existants. Il reste néanmoins des détails à clarifier concernant les volumes de biogaz que les fournisseurs devront acheter, mais cela devrait bientôt être spécifié par un nouveau décret attendu avec impatience par l’industrie.

Des réserves de gaz pour répondre à la demande d’électricité

GRDF favorise la chaudière à gaz malgré l’incitation gouvernementale à passer à l’électrique. Le nombre de foyers utilisant le gaz naturel a diminué de 10 % en deux ans, ce qui entraîne une augmentation des coûts fixes pour GRDF. En conséquence, les tarifs du réseau augmenteront de 27,5 % sur la période 2024-2027. Pour limiter cette hausse, GRDF doit réaliser des économies significatives. L’entreprise soutient que le gaz aura toujours sa place en 2050 et met en garde contre un éventuel « black-out » électrique. Elle affirme que lors d’un pic de demande électrique par temps froid, seule la combinaison avec le gaz aurait permis de répondre aux besoins.

Réduire le gaspillage d’énergie

GRDF se concentre sur la réduction de l’empreinte carbone de ses 11 millions de clients, en particulier les 10,3 millions de particuliers raccordés au gaz. Le groupe a contacté 500 000 clients pour leur signaler une consommation supérieure à la moyenne et en a accompagné 30 000 vers une réduction de consommation moyenne de 14%. Cela a été possible grâce au compteur communicant Gazpar. GRDF compte également réduire ses émissions de gaz à effet de serre de moitié d’ici 2030.

Sauver le gaz dans un monde sans énergies fossiles: La bataille de GRDF pour la transition énergétique

Journaliste spécialisée en énergie et industrie, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions des marchés énergétiques et les innovations industrielles. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à la transition énergétique et aux politiques industrielles.