La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a récemment apporté son soutien à l’énergie nucléaire lors du Sommet européen sur le nucléaire à Bruxelles. Elle a souligné que les technologies nucléaires pouvaient jouer un rôle important dans une transition vers une énergie propre. Von der Leyen a également mis en avant l’extension du parc nucléaire actuel comme l’un des moyens les moins coûteux pour assurer une production d’électricité propre à grande échelle.
Il est intéressant de noter que cette prise de position marque un changement significatif, tant au niveau politique qu’au sein de la Commission européenne, qui avait jusqu’à présent privilégié les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Cette évolution témoigne d’une tendance plus générale au sein des Vingt-Sept, où une partie croissante des pays défendent désormais le recours à cette source d’énergie peu émettrice de CO2.
Cette nouvelle approche constitue un revirement politique important pour certains pays, notamment l’Allemagne qui avait fermé ses dernières centrales atomiques en faveur du charbon et du gaz dans son mix électrique. Nul doute que la France et d’autres États favorables à la construction de nouveaux réacteurs accueilleront favorablement ce changement de perspective sur le financement international lié au nucléaire.
Le Tabou: Une Exploration des Interdits
Ursula von der Leyen a récemment abordé le sujet du nucléaire, ce qui représente un changement de ton pour la cheffe de l’exécutif bruxellois. Auparavant, elle évitait souvent d’évoquer cette source d’énergie. Dans ses discours sur l’état de l’Union et la stratégie énergétique de l’UE, elle avait tendance à mentionner principalement les énergies renouvelables. Toutefois, cet ancien tabou semble s’être dissipé.
Au cours des derniers mois, la Commission européenne a adopté une approche plus ouverte envers le nucléaire. Des initiatives telles que le Green Deal et RePowerEU visaient initialement à promouvoir les énergies renouvelables tout en ignorant largement le nucléaire. Cependant, cette position semble avoir évolué avec des versions ultérieures du Net Zero Industry Act abordant désormais plus directement la question du nucléaire.
Ce changement pourrait indiquer un nouveau regard sur le rôle potentiel du nucléaire dans la transition énergétique en Europe. Il est intéressant de voir comment cette évolution se traduira dans les politiques futures de l’UE concernant les sources d’énergie et leur utilisation dans la lutte contre le changement climatique.
La France dirige l’Alliance nucléaire en Europe
La France a renforcé son engagement en faveur de l’énergie nucléaire, grâce à des alliances avec d’autres pays européens. Malgré l’opposition de certains voisins comme l’Allemagne, la France a réussi à obtenir que le nucléaire soit reconnu comme une énergie bas carbone et durable au sein de l’Union européenne. Cette reconnaissance permettra à cette source d’électricité de bénéficier d’un soutien financier et de participer à la transition énergétique vers des activités durables. De plus, le nucléaire a également été reconnu comme étant important dans la production d’hydrogène « vert ». Ces avancées ont été obtenues après des mois de lobbying intensif et d’alliances stratégiques menées par la France au niveau européen.
Stratégie politique ?
Vendredi dernier, le PDG d’EDF, Luc Rémont, a exprimé son intention de déployer deux réacteurs EPR en Europe au cours de la prochaine décennie. Il s’agit d’un rythme plus rapide que celui actuel. La veille, une trentaine d’États à Bruxelles ont convenu de collaborer pour accélérer et mieux financer le développement de l’énergie nucléaire. Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a souligné que cette source d’énergie est propre et rentable, loin d’être une utopie.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a ajouté que le nucléaire fait un retour important dans le monde en raison du besoin croissant de lutter contre le changement climatique et d’assurer la sécurité énergétique après des événements tels que l’invasion ukrainienne.
La position d’Ursula von der Leyen par rapport à cette question pourrait être motivée par des considérations politiques liées à sa candidature pour un nouveau mandat. Le Parlement européen devra se prononcer sur cette question dans les mois à venir.
La sûreté nucléaire reste un sujet controversé avec l’approbation contestée par certains acteurs politiques.
Journaliste spécialisée en énergie et industrie, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions des marchés énergétiques et les innovations industrielles. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à la transition énergétique et aux politiques industrielles.
