La French Tech lève près de 189 millions d’euros cette semaine, avec HighLife, Biolevate et Wealthcome en tête d’affiche

La French Tech lève près de 189 millions d’euros cette semaine, avec HighLife, Biolevate et Wealthcome en tête d’affiche

Entre le 19 et le 25 septembre 2026, 14 opérations de la French Tech ont représenté près de 189 millions d’euros. Le montant est largement porté par la santé : HighLife obtient plus de 80 millions d’euros pour poursuivre l’évaluation clinique de son dispositif cardiaque, tandis que Biolevate réunit 30 millions d’euros pour appliquer l’intelligence artificielle aux exigences de conformité des laboratoires pharmaceutiques. À elles deux, les entreprises concentrent plus de 110 millions d’euros de financement. Mais cette semaine ne se résume pas à ces deux tours : les opérations de Wealthcome, Incepto, Kheops, Graneet et Primo donnent à voir une autre tendance, celle d’investisseurs qui privilégient des outils intégrés à des processus opérationnels précis.

La levée de fonds de start-up liées à l’IA ne repose donc pas seulement sur la promesse d’une technologie généraliste. Dans la gestion patrimoniale, le BTP, l’informatique ou le commerce, les capitaux accompagnent des produits censés répondre à des besoins identifiés, parfois renforcés par des contraintes réglementaires. Les tickets plus modestes de Lightspring, Reecall, AlphaYoda et LégiPilot montrent aussi que l’innovation industrielle et les logiciels spécialisés continuent d’attirer des financements. Selon les données de la semaine, le signal important tient moins au total annoncé qu’à la destination de l’argent : financer une validation clinique, industrialiser une brique technologique ou s’insérer dans un workflow déjà utilisé par les entreprises.

French Tech : près de 189 millions d’euros répartis entre 14 levées

La répartition des montants est très concentrée en tête, mais les opérations couvrent des marchés variés, de la santé aux infrastructures de facturation électronique. Le panorama détaillé des levées annoncées cette semaine met en évidence une sélection de projets dont les besoins de financement sont directement liés à des étapes de déploiement.

  • Santé et sciences de la vie : HighLife, Biolevate, Incepto et RelaiSanté mobilisent des capitaux pour des essais, des outils conformes aux exigences du secteur ou la coordination des soins.
  • Logiciels métier et IA : Wealthcome, Kheops, Zeliq, Graneet et Primo financent des plateformes reliées à la gestion patrimoniale, au retail, au BTP, à la prospection et à l’administration informatique.
  • Technologies et outils spécialisés : Lightspring, Reecall, IOPOLE, AlphaYoda et LégiPilot développent des briques dédiées à la photonique, à la voix, à la facturation, à l’analyse ESG ou aux fonctions juridiques et RH.

Le total atteint environ 189 millions d’euros, le montant de HighLife étant annoncé à plus de 80 millions. Cette concentration ne doit pas masquer la diversité des projets financés : plusieurs entreprises cherchent à franchir un jalon réglementaire ou industriel, tandis que d’autres renforcent leur présence auprès de clients professionnels.

La French Tech lève près de 189 millions d’euros cette semaine, avec HighLife, Biolevate et Wealthcome en tête d’affiche

HighLife et Biolevate : la santé concentre les plus gros financements

HighLife réalise la plus importante opération de la semaine. La medtech parisienne développe une solution de remplacement de la valve mitrale par cathéter et prévoit d’utiliser plus de 80 millions d’euros pour conduire une étude pivot aux États-Unis et accélérer son développement commercial en Europe. Dans ce type de parcours, le financement sert à couvrir des étapes longues et coûteuses : validation clinique, exigences réglementaires et préparation du déploiement auprès des établissements de santé. Le détail de cette opération de HighLife illustre l’ampleur des capitaux nécessaires avant une éventuelle adoption à grande échelle.

Biolevate annonce une série A de 30 millions d’euros, menée par RAISE France et Orange Ventures. Son objectif est de rendre les usages de l’IA compatibles avec les exigences de documentation, de traçabilité et de conformité propres à la recherche pharmaceutique. L’enjeu n’est pas uniquement d’automatiser des tâches : les outils doivent aussi s’inscrire dans des processus où la qualité des données et la possibilité d’auditer les opérations sont déterminantes.

Les 14 millions d’euros réunis par Incepto prolongent une trajectoire déjà engagée : l’entreprise, qui avait levé 27 millions en 2022, veut étendre le déploiement de solutions d’IA en imagerie médicale. RelaiSanté, avec 6 millions d’euros, s’attaque pour sa part à la coordination des parcours entre hôpital, professionnels de ville et retour à domicile. Dans ces deux cas, la valeur attendue dépend de l’intégration de l’outil au travail quotidien des équipes.

Wealthcome, Graneet et Primo financés pour des usages métier concrets

Wealthcome lève 15 millions d’euros auprès de Breega et de BlackFin Capital Partners afin d’accélérer son développement auprès des banques, des assureurs et des réseaux de gestion patrimoniale. La société vise notamment des acteurs établis du secteur, dont Harvest. L’opération montre que les logiciels financiers peuvent attirer des investisseurs lorsqu’ils répondent aux besoins d’organisations déjà structurées, avec des exigences élevées en matière de fiabilité et d’intégration.

Kheops obtient 12 millions d’euros pour faire évoluer ses outils de workflow vers l’intelligence d’assortiment dans le commerce de détail. Zeliq réunit 7 millions pour automatiser davantage la prospection commerciale, où la qualité des données et la pertinence des signaux comptent autant que la génération de messages. Primo, qui revendique 400 clients dans dix pays, lève 6,9 millions afin de confier aux agents d’IA des tâches d’administration informatique.

Graneet et IOPOLE se positionnent sur la facturation électronique, un marché stimulé par l’évolution des obligations réglementaires. Spécialisé dans l’ERP pour le BTP, Graneet lève 7 millions d’euros pour développer ses modules et ses agents d’IA ; IOPOLE ajoute 3 millions à son financement pour renforcer son infrastructure de plateforme agréée. Pour ces entreprises, la contrainte réglementaire peut accélérer l’adoption, à condition que les solutions s’intègrent aux pratiques existantes.

Une IA évaluée à l’aune de son intégration

Une analyse approfondie révèle que l’IA reste présente dans plusieurs dossiers, mais qu’elle ne constitue pas à elle seule un argument suffisant. Dans la santé, la finance ou l’informatique, les investisseurs financent des produits associés à des tâches définies et à des utilisateurs identifiables. Cette orientation rejoint les tendances observées dans les opérations françaises de la semaine précédente, où l’IA avait également attiré une part importante des capitaux, comme le détaille ce panorama des levées du 14 au 18 septembre.

Le critère décisif devient la capacité à s’insérer dans un workflow critique : accompagner une décision patrimoniale, traiter une tâche informatique ou documenter une recherche pharmaceutique. Pour une jeune entreprise, cette intégration peut créer une valeur durable, mais impose aussi de démontrer la robustesse du produit, sa compatibilité avec les systèmes existants et son utilité opérationnelle.

Photonique, voix et outils spécialisés : les petits tickets financent l’industrialisation

Les montants inférieurs à 4 millions d’euros correspondent à des besoins distincts, et non nécessairement à des tours d’attente. À Besançon, Lightspring lève 3,1 millions pour travailler sur l’assemblage et le packaging de puces photoniques, une étape technique essentielle à la mise en œuvre de ces composants. À Lyon, Reecall obtient 3,5 millions pour diffuser sa technologie vocale en marque blanche : l’entreprise entend devenir une brique intégrable à d’autres logiciels plutôt qu’un assistant directement exposé à l’utilisateur final.

IOPOLE mobilise 3 millions d’euros pour sa plateforme de facturation électronique. AlphaYoda, à Metz, obtient 900 000 euros pour détecter des controverses ESG à l’aide de l’IA, tandis que la Lilloise LégiPilot réunit 500 000 euros pour ses outils juridiques et RH. Ces tours plus réduits financent des étapes ciblées, qu’il s’agisse de consolider une infrastructure ou d’affiner un produit pour des métiers précis.

Hors de la période comptabilisée, le studio de jeux vidéo et de solutions immersives Kalank a annoncé une première ouverture de capital auprès de Crédit Agricole Charente-Périgord Expansion et du SPV KPA. Le montant de cette opération n’est pas communiqué, mais l’entreprise fait état de plus de 1,5 million d’euros de financement cumulé. Fondée en 2017, elle prévoit de renforcer ses équipes créatives et techniques, son activité d’édition et son développement international.

Les signaux à retenir de cette semaine de financement

  • La santé domine les montants : HighLife et Biolevate cumulent plus de 110 millions d’euros, avec des besoins liés aux essais cliniques et à la conformité scientifique.
  • Les logiciels métier attirent les investisseurs lorsqu’ils sont opérationnels : Wealthcome, Graneet, Kheops et Primo ciblent des activités identifiables, intégrées au fonctionnement de leurs clients.
  • L’IA doit démontrer son utilité : les opérations récompensent surtout des outils associés à un processus concret, et non une promesse technologique générale.
  • Les petits tours financent des jalons précis : photonique, voix, facturation électronique et outils spécialisés nécessitent des capitaux adaptés à leur phase de développement.

Le chiffre de près de 189 millions d’euros traduit donc une activité soutenue, mais pas un retour uniforme des capitaux vers l’ensemble de la French Tech. Les financements se concentrent sur des entreprises capables de relier leur innovation à une étape clinique, industrielle ou opérationnelle clairement définie : c’est cette démonstration qui donne sa cohérence à la semaine.

La French Tech lève près de 189 millions d’euros cette semaine, avec HighLife, Biolevate et Wealthcome en tête d’affiche

Journaliste spécialisée en énergie et industrie, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions des marchés énergétiques et les innovations industrielles. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à la transition énergétique et aux politiques industrielles.